Studio à travers les âges

Où l’on recherche un studio de photographie

Le commencement

Tout à commencé par le début, c’est-à-dire la découverte de nombreuses photographies de famille prétendument disparues. Celles-ci recèlent peut-être quelques trésors et je me suis engagé sur la voie de leur numérisation. J’avais dans l’idée de faire les choses bien; c’est-à-dire avec métadonnées des clichés incorporées aux images.

La pochette

À cause de la masse conséquente — mais pas insurmontable — que représente cette manne sur papier glacé, je décidai d’un survol primaire, histoire de savoir à quoi m’en tenir. D’emblée, une pochette beige me sautai aux yeux, contenant des photographies d’identité de mes deux grands-parents maternels pour lesquels je n’avais à présent rien, ou quasiment.
Cette pochette semble être cousue mais en papier avec à l’intérieur un ovale découpé dans la doublure afin de servir de passe-partout pour un portrait. Les trois photographies présentes n’étant pas assez grandes pour combler cet ovale, je m’imagine la pochette destinée à l’origine à un autre cliché.

Les indications

Sur la couverture et la quatrième de couverture de la pochette sont inscrites les coordonnées du studio de photographie d’où elle provient. Il s’agit du studio de photographie Martinet, sis à Juvisy avec le numéro de téléphone à 7 chiffres le 921-76-16.

Le numéro de téléphone

Cette numérotation implique une date… difficile à cerner. En effet, pratiquement nulle part sur Internet le central de Viry n’est mentionné[1], et lorsqu’il l’est il ne comporte pas de date. On peut certes affirmer que le numéro est postérieur à 1963 [2]. Néanmoins une fourchette haute ne peut être avancée avec certitude: ce n’est que le 25 octobre 1985[3] que la numérotation à huit chiffres est adoptée. Jusqu’alors les Franciliens pouvaient, pour communiquer avec un interlocuteur de leur région, se contenter de sept chiffres.

Le studio de photographie Martinet

Emporté par ma curiosité naturelle, je m’empressai de rechercher ce studio sur la toile. Bien m’en pris ! Non seulement je trouvai une indication de son existence sur un blog personnel[4] mais je pus me rendre compte qu’il existait toujours, qu’il était toujours en activité et qu’il avait toujours le même numéro de téléphone, avec certes, quelques chiffres en préfixe mais toujours possible à reconnaître: 01 69 21 76 16.
Cette découverte me ravit au plus haut point, j’avançai dans mon “enquête” généalogique familiale.

Ainsi, d’après les différentes indications, je le trouvai fondé en 1900 ou 1935[5], sans pouvoir départager ces deux informations. Toutefois, on peut dater la fondation de ce studio sans risque d’erreur à la vue des photos le représentant avant et après un bombardement durant le seconde guerre mondiale.
Il semble que ce studio ait été suffisamment fameux pour se permettre de ne pas indiquer son adresse sur la pochette examinée dans ce billet. C’est peut-être une conjecture mais il me semble vraiment que cela indique une véritable renommée, au moins locale (pas seulement sur la seule ville de Juvisy).

À l’heure actuelle, le studio de photographie existe encore. Toujours situé à Juvisy-sur-Orge, il est désormais situé au 30 avenue Victor Hugo et non plus au 32 comme le déclarait la publicité plus haut dans ce billet.

Le contact

Si le studio est toujours présent et en activité comme il semble l’être, peut-être que les négatifs des clichés dont le numéro est inscrit sur la quatrième de couverture de la pochette sont toujours en possession de celui-ci. A contrario, il semble possible que ceux-ci aient été confiés aux Archives départementales, comme fonds indépendant, ainsi que je l’ai rencontré plusieurs fois au cours de mes recherches généalogiques.
C’est donc sans presque réfléchir que je pris mon téléphone[6] pour composer d’une main fébrile les dix chiffres. La sonnerie retentit au loin, comme étouffé, je m’imagine remonter le temps, atterrir dans une boutique ou gisent pèle-mêle les appareils Kodak dernier cri et les boites de pellicules couleur de la même marque, le tout argentique et onéreux.
La sonnerie continue. Je pense alors que la boutique est peut-être inoccupée, a fait faillite, a disparu, que sais-je. En mon for intérieur je décompte avant de raccrocher: 3… 2… Et voilà qu’une voix faible et lointaine à l’autre bout répond : Allô… ?

Le résultat

Après une conversation rapide, j’apprends que les archives ont été détruites par différentes inondations et qu’elles n’ont été ni versées à de quelconques archives ni simplement jetées.
Au temps pour moi et mes rêves de trésors généalogiques familiaux faciles à faire resurgir du passé (pas si lointain) La brève aventure m’a permis un instant de me plonger dans l’histoire de cette banlieue parisienne ou le ciel n’était pas aussi gris et les perspectives pas aussi pessimistes. Pour le frisson de l’enquête, cela valait bien le coup et cela m’aura aussi fourni la matière d’un billet de blog !

Notes

[1] l’indicatif 921 est listé, tout comme 11 autres, tous rattachés à Viry
[2] date de l’abandon des indicatifs littéraux type ASn pour “Le 22 à ASNières” source
[3] Source: Wikipédia
[4] lien ici
[5] Cette source donne 1900, celle-ci 1935 en citant une autre source, un site internet que je n’ai pu trouver
[6] Siegfried pour les intimes

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